bannière section journal CMC, par Maurice Day


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Le CMC ne parraine plus les Contreforts (une section de 32km du sentier national) et n'en assure plus l'entretien Les Contreforts, sentier national

Photos : Pierre Béland

Le sentier des Contreforts, Lanaudière,
une section de 32km du sentier national,
a été parrainé et entretenu par le CMC de 2004 à 2007.

Extraits du journal Montagne

| CHRONIQUE ENVIRONNEMENT |
Le talon ou les orteils ?
(avril 2009)

Bonjour Michèle, est-ce que d’après toi c’est le talon ou l’action combinée des orteils qui cause le plus de dommage lorsqu’on marche dans un sentier? Ne ris pas, c’est un sujet très sérieux qui a même fait l’objet d’un mémoire de maîtrise dans une université du Montana récemment. On peut y lire, en effet, que le talon a une action écrasante tandis que les orteils tendent à arracher le sol sous nos pas. Le sujet s’inscrit bien dans la suite de notre chronique sur l’empreinte écologique de nos pas. D’une certaine façon on peut considérer un sentier comme un organisme qui a une existence, une naissance, une vie et une mort. Sa qualité de vie et sa longévité dépendront donc du soin qu’on y apporte et des efforts qu’on met à en préserver la beauté et l’intégrité.

Je lisais récemment que l’érosion est le cancer des sentiers. Une fois que le processus est amorcé, il est difficile de l’arrêter. La détérioration des sentiers et l’érosion ont été identifiées depuis plus de 40 ans comme un problème de santé majeur des sentiers, ce qui commande plus de ressources nécessaires à leur entretien. Étant donné l’augmentation du nombre d’usagers, ce phénomène ne peut aller qu’en s’accroissant. Une science appliquée est même née de cette nouvelle problématique: la gestion des sentiers. On peut cependant contribuer à en diminuer les risques en ayant, au départ, un bon design de sentier et en faisant la promotion d’habitudes d’utilisation respectueuses chez les usagers. La fédération québécoise de la marche en fait déjà la promotion.

echo sylvestre En plus d’avoir un impact visuel négatif, un sentier érodé entraînera de mauvaises conditions de randonnée, ce qui affectera ultimement le plaisir généré par la pratique de l’activité. Ce n’est pas qu’un problème esthétique, c’est aussi un problème écologique puisque l’érosion peut entraîner des perturbations des systèmes aquatiques environnants, des élargissements de sentiers et l’apparition des sentiers multiples et indésirables qui vont perturber le milieu localement. Contrairement à d’autres perturbations, les milieux érodés ne se réparent pas naturellement avec le temps. Il faut donc prévenir ce phénomène.

L’érosion apparaît suite aux passages répétés sur des surfaces fragiles. Ces surfaces n’étant plus en mesure de retenir adéquatement l’eau des précipitations ou de fonte, celle-ci finit par s’accumuler dans le bas des pentes. Les particules de sol sont définitivement déplacées de leur site d’origine. Les pentes sont particulièrement vulnérables. La compaction des sols des sentiers, quant à elle, entraînera aussi des accumulations d’eau qui vont mettre en suspension les particules du sol et les déplacer ailleurs. C’est donc un processus dynamique qui s’aggrave dans le temps par les multiples tentatives d’évitement des mares formées. Les sols qui contiennent beaucoup de racines se sont révélés moins vulnérables, car ces dernières forment un réseau plus ou moins solide qui facilite le drainage souterrain.

Les portions de certains sentiers entretenus par des organismes ou des parcs sont souvent déplacés après quelques années en raison des contraintes naturelles du milieu qui favorisent les conditions d’érosion et d’ennoiement. De coûteux travaux d’aménagements doivent alors être réalisés pour diminuer l’impact des marcheurs. Des enrochements, la construction de marches, d’échelles ou de passerelles sont de bonnes solutions permanentes. Des restrictions d’utilisation des sentiers lors de la fonte des neiges au printemps et au début de l’été, si elles sont scrupuleusement respectées, peuvent aussi éviter la détérioration des sentiers. Le comportement des randonneurs peut contribuer grandement à limiter ce phénomène. Il faut absolument éviter de contourner les mares et toujours rester dans le sentier, quitte à mettre un peu les pieds dans l’eau, pour éviter d’élargir les sentiers, ce qui ne ferait qu’accentuer le phénomène. Localiser et signaler les zones endommagées, participer aux travaux de restauration, parrainer un sentier, favoriser la diffusion de l’information, sont des actions concrètes fortement encouragées puisque nous sommes des utilisateurs engagés et solidaires de cette magnifique ressource.

Daniel Rivest
Michèle Benoît




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